Emie sauta dans les bras d’Harry qui venait de passer la porte d’entrée, Harry s’empressa de serrer sa fille dans les bras afin de profiter au plus vite de cet amour inconditionnel qui ne durerait pas. Harry, savait, contrairement à la plupart des gens, que les meilleurs moments de sa vie étaient présents. Emie avait ses yeux bleus. Il aimait savoir qu’aucune autre ressemblance avec lui n’existait chez elle. Il prit directement le chemin de la salle de bain pour se doucher et commencer son début de soirée avec grand bonheur. En entrant dans la cuisine, sa petite fille était assise prête à lui raconter sa journée comme à son habitude pendant que son papa cuisinerait. Harry prit son tablier et d’une manière magistrale, jongla avec 3 œufs dont le plus lourd lui échappa. Emie en saisi de suite le potentiel artistique et prit une photo. Figeant ainsi ce carrelage teinté d’un jaune gluant et particulièrement agressant. Elle n’avait pas encore trouvé de titre mais l’annota d’une phrase qu’elle prendrait certainement le temps de découvrir.
«Une rencontre. Et étrangement, c’est le sol sans vie que l’on regarde avec attendrissement. Cet œuf voué à nourrir, en contact avec un sol, n’est plus qu’une tâche à prendre en photo». Le meilleur ami d’Emie était indiscutablement son appareil photo. Il était doté de nouvelles jambes qui lui permettaient de marcher constamment à ses côtés. Emie était touchée de la maladie d’alzeimer niveau 2 et respirait le bonheur. Harry aimait sa fille et la regarder si heureuse lui procurait un réel sentiment de culpabilité envers le monde et une réelle gratitude envers lui-même d’avoir accepté sa fille comme elle se présentait à lui, pleine de vie et de joie. Il continuait à chanter quand sa fille fut prise d’une crise et lui demanda de sa voix naïve « qui es-tu Monsieur ? ». Il lui sourit, lui expliqua l’histoire qu’il racontait à chaque crise. L’histoire d’une princesse qui perdait souvent la mémoire et d’un père qui de part une belle histoire l’emmenait dans un jardin extraordinaire, celui de sa mémoire. A la fin de l’histoire, Harry enfourna le gâteau.
Emie entre temps était partie découvrir les recoins de la maison avec la conscience de sa maladie et l’excitation de son enquête, elle regardait les dernières photos tout en lisant les commentaires. Elle s’arrêta sur la dernière phrase, l’effaça et la remplaça. «Où est le soleil du sol, aujourd’hui disparu ?». Elle entendit la voix de son père, se réveilla et lui répondit, papa, j’ai eu une absence, vite, raconte, comment étais-je ?
Son père la regarda un moment puis déposa, devant sa fille qui était assise sur le haut tabouret bleu, son préféré, une délicieuse part de gâteau qui ne tarda pas à être mastiqué avec une impatience démesurée pour une petite fille si calme.
Harry, sans mot dire, pris sa fille dans les bras et tout en l’embrassant tendrement entre les deux yeux, l’amena avec énormément d’amour dans sa chambre, la coucha délicatement, comme un objet de crystal, et la couvra de sa couverture bleu et rouge en lui chantonnant, un doux air de paroles qu’il avait pour habitude d’inventer depuis toujours le même refrain, une valse qui lui permis de rencontrer sa femme. « Où était-elle ? se demanda Harry, « mais où est le soleil de ma vie, aujourd’hui disparue… ? ».
Harry, se leva, le visage froid, la peur au ventre. Aucune larme, il n’en avait plus depuis longtemps. Il s’allongea sur son lit, regarda le plafond, se retourna, se leva, sortit de sa chambre et se recoucha dans le canapé rouge qu’il aimait tant. Alluma le projecteur et surfa sur la toile toute la nuit. Le matin arriva, et enfin, il ferma les yeux et sentit son corps se détendre.
Deux heures plus tard, il se réveilla, dans ses bras, Emie était là. Il la serra doucement et lui dit d’une voix faussement enjouée, « bonjour ma puce, la journée commence, comment ma princesse a-t-elle passé sa nuit ? ». Emie lui sourit avec grande naïveté, se leva et lui dit « papa, c’est moi qui prépare le petit déjeuner ».
La table était remplie de plats diverses, du riz, des pâtes,… un vrai petit déjeuner complet. Harry, mangea beaucoup, il s’arrêta pour vérifier l’heure et demanda à Emie si elle pensait passer une bonne journée. A ces mots, Emie s’empressa de charger le journal du jour sur l’écran de la table et feuilleta avec les pages jusqu’à ce que la rubrique Horoscope apparu. Elle lança le programme et apparu Madame Horos qui a son habitude présenta l’horoscope personnifié du jour après avoir scanné l’iris d’Emie. « Bonjour Emie, heureuse de vous revoir pour la 365ème fois. Félicitation, cela fait un an. Vous recevrez ma chère un présent qui changera votre vie. Regardez bien autour de vous, la journée sera chargée en émotion et ce présent ne sera possible que par votre observation que je vous connais être capable d’utiliser à bon escient. Je serai là pour analyser le cours de la journée et adapter mes prévision en ce sens. Mademoiselle Emie, la journée commencera par ce conseil. Je vois que votre papa Harry est présent, pensez à lui dire que vous lui faite confiance et la journée n’en sera que meilleure. A bientôt ». L’écran de la table disparu et le transfert de Madame Horos effectué sur l’appareil photo d’Emie. Emie vérifia cela en allumant le dexième écran 4D de son appareil. Elle sentit l’odeur de Madame Horos, entendit sa voix, « transfert réussi, re bonjour Emie… » Rassurée, Emie éteignit son appareil. Emie se souvint qu’Harry la regardait. Elle lui dit « j’ai confiance en toi ». Silence. Rien ne semblait plus faux mais Harry joua le jeu. « Oh, quelle bonne nouvelle, ma journée commence bien. Merci ma puce. » Emie contente, sorti de table et se mis devant la porte voiture de la maison, elle entendit la sonnette voiture et ouvra la porte, le bus s’était arrêté comme tous les jours d’école devant chez elle, d’un seul pas en avant, elle rentra dans le bus, regarda le chauffeur, se retourna vers son père, lui fit signe. La porte du bus se ferma, la porte de la maison aussi, Harry pris ses affaires et se rendit devant cette même porte, appela sa moto, ouvra la porte et partit au bureau. Sur la route, il se rémora le planning de la journée, les noms des personnes à rencontrer et l’objectif professionnel à atteindre. C’est avec un autre regard, une autre confiance, une autre énergie qu’Harry pénétra dans le building de MicroPEM.
-
Articles récents
Commentaires récents
Archives
Catégories
Méta